Dans cet article : comment j’ai construit mon activité de zéro depuis janvier, les vrais chiffres de ma création de contenu, ce que j’ai facturé, ce que j’ai appris (et douté), et ce qui arrive ensuite.
En novembre dernier, j’ai quitté mes fonctions de CEO chez Whodunit l’agence WordPress que j’avais cofondée et dirigée pendant 16 ans, avec 27 personnes à bord.
Ce que peu de gens savent, c’est que cette dernière année chez Whodunit a été une année de restructuration. Réduction des effectifs, début de pivot de l’activité. C’était nécessaire, mais c’était épuisant. Quand tu sors de là, tu n’es pas en mode conquête : tu es vidée.
Décembre du coup … je n’ai rien fait.
Rien de productif en tout cas.
J’ai digéré, dormi, réfléchi.
Et honnêtement, flippé un peu aussi.
Avoir voulu enchaîner tout de suite était une connerie.
Heureusement, des gens autour de moi m’ont rappelé un truc essentiel : il faut faire le deuil d’une situation avant d’en commencer une autre.
Même quand c’est toi qui pars.
Même quand tu es convaincue de ton choix.
Ton corps et ta tête ont besoin de ce sas.
Janvier, j’ai appuyé sur « start ». Pour de vrai cette fois.
Ça fait maintenant 4 mois.
Et comme je déteste les bilans lisses où tout a l’air facile, voici ce qui s’est vraiment passé.
Ce que je fais
(pour ceux qui me découvre)
J’accompagne les freelances et agences WordPress à structurer leur business. Concrètement : du consulting stratégique, des masterclass, des ateliers, et un mentorat CEO à CEO.
Mes sujets de prédilection cette année ?
La maintenance WordPress (de loin le sujet qui revient le plus), le repositionnement, la montée en prix, et comment utiliser sa communication pour attirer des clients sans faire de démarchage.
Si tu me suis depuis un moment, tu sais que ça fait plus de 10 ans que j’ai envie de faire ça. C’est pour ça que j’avais lancé WP Pro à l’époque.
C’est pour ça que j’avais cofondé l’association WP Next avec Frédéric de Globalis et Amaury de BeApi.
Accompagner cet écosystème, c’est pas un pivot, c’est un retour aux sources.
La différence, c’est que maintenant je le fais à plein temps.
Ce qui s’est passé en 4 mois
Janvier : poser les bases
Premier mois, et pas beaucoup de clients.
Et c’est normal, j’étais en train de poser les fondations.
- Construire le site emilielebrun.fr.
- Réfléchir à comment répartir mes activités entre ma marque perso et Whodunit Academy (qui allait devenir Unblur).
- Poser mes piliers éditoriaux.
- Penser mes tunnels de conversion.
Bref, tout le travail invisible que personne ne voit mais sans lequel rien ne tient.
C’est ingrat ….
Tu bosses à fond et tu n’as rien à montrer.
Février : tester ce qui prend
J’ai lancé La Consult’, un format de call stratégique court (30, 60 ou 90 min) où tu viens avec une question et tu repars avec une réponse.
J’avais vu ce format fonctionner chez d’autres et je l’ai adapté à mon univers.
Ce qui m’a surpris c’est que ça a trouvé son public tout de suite.
Il y a une vraie demande pour du « je paie, on règle mon problème, point ».
Pas besoin de s’engager sur 3 mois.
Pas besoin d’un call découverte.
C’est net.
En parallèle, février a été mon mois le plus calme côté CA. Et c’est OK, j’étais en train de construire la machine.
Mars : les premiers vrais signaux
Le mois où tout s’est emballé.
Unblur Agency Day, mon premier événement physique en tant que solopreneur. Trouver des sponsors, vendre des places, organiser la logistique, tout ça seule (ou presque car j’ai été aidé par Valérie Galassi qui a été top pour me trouver un lieu).
J’ai adoré le format.
Échanger avec des dirigeants d’agences en chair et en os, c’est irremplaçable.
En parallèle : un mentorat signé, quelques consult’ vendues.
Le mix commence à se diversifier, ce ne sont plus seulement des événements, ce sont des accompagnements individuels.
La régularité commence à payer, et la présence sur les événements physiques amplifie tout le reste.
Avril : le déclic
Mon meilleur mois, et de loin.
Des consult’, des masterclass, mentorats, des ateliers … tout s’est activé en même temps.
Le CA a quasiment doublé par rapport aux mois précédents.
Pas grâce à un hack.
Grâce à l’accumulation. 4 mois de contenu, de conversations, de présence.
Les gens qui me suivaient depuis janvier ont fini par passer à l’action.
Des chiffres sur ma création de contenu
Newsletter Behind the Who (Substack)
Début janvier : 300 abonnés. Aujourd’hui : 434.
C’est +134 abonnés en 4 mois.
C’est devenu mon canal de conversion principal, vers mes accompagnements et mes masterclass.
Et c’est grâce à Substack.
La plateforme recommande activement les newsletters entre elles, les contenus sont indexés par Google, et les abonnés continuent à interagir bien après la diffusion. Si tu hésites encore entre les plateformes : teste Substack.
Newsletter La Vibe Marketeuse
Lancée en cours de route sur le sujet de l’IA appliquée au marketing.
174 abonnés en deux mois.
Le sujet IA intéresse ma cible autant que le business pur.
LinkedIn
3 à 5 posts par semaine.
En moyenne 25 000 impressions par mois, entre 130 et 150 clics, et environ 100 nouveaux abonnés par mois.
C’est pas viral. C’est régulier.
Et la régularité, c’est ce qui finit par convertir.
Le blog
Le trafic est encore modeste.
C’est un chantier SEO de long terme, les articles que je publie aujourd’hui travailleront dans 6 mois. Je le sais, donc je ne m’impatiente pas.
Ce que j’ai appris
Tout marche un peu, rien ne cartonne encore et c’est exactement le plan.
J’ai volontairement diversifié : events, consult’, masterclass, mentorat, ateliers, deux newsletters, LinkedIn, blog.
Tout fonctionne « moyennement » pour l’instant. Et c’est une bonne chose.
Parce que ça me permet de voir ce qui plaît à ma cible, ce qui convertit, ce qui me plaît à moi aussi.
Aujourd’hui, je n’ai pas encore toutes les réponses. Et je me donne le droit de ne pas les avoir.
Le grand saut est moins vertigineux que le grand doute.
On me demande souvent si c’est flippant de quitter SA boîte après 16 ans.
Oui, un peu.
Mais ce qui est beaucoup plus dur que le saut, c’est la période où tu sais que tu devrais sauter et tu ne le fais pas encore.
Ce que personne ne te dit : tu passes d’une activité qui brasse des millions à un stade zéro. Tu ne produis plus, tu dois tout repenser, et tout repasse par toi.
Le premier devis, la première consult’, le premier atelier : à chaque fois tu te demandes « est-ce que c’est le bon produit ? Est-ce que c’est le bon moment ? Est-ce que je vais vraiment savoir résoudre ce problème ? »
Et puis il y a le truc dont on ne parle jamais : l’équipe te manque.
Le bruit, les discussions, les blagues, les gens qui débarquent avec un problème à résoudre ensemble. Même les réunions chiantes te manquent un peu.
Tu passes de 20 personnes autour de toi à zéro.
C’est un vide. Un vrai.
Et puis tu fais ta première consult’.
Tu vois la personne en face débloquer en 45 minutes un truc sur lequel elle tournait depuis des semaines. Tu lui fais voir les choses autrement. Tu lui donnes un coup de pied au cul bienveillant au bon moment.
Et là, tu te dis : c’est exactement ça que je veux faire. C’est priceless.
Chaque fois que je sors d’une consult’, c’est le même sentiment. « Qu’est-ce que je kiffe. »
Lâcher « son » Whodunit.
Je reste associée et j’accompagne le nouveau dirigeant chez Whodunit.
Mais ça n’a pas été simple au début.
Mon réflexe c’était « moi je n’aurais pas fait comme ça ». Et il a fallu que j’accepte un truc : le Whodunit que j’avais créé n’est plus le Whodunit qui continue à vivre. C’est devenu le leur. Et mon rôle n’est plus de garder mon Whodunit, c’est d’aider les équipes à construire le nouveau.
C’est un deuil aussi, ça. Mais une fois que tu l’as fait, tu es libre.
La communication, c’est le produit.
En fait, j’ai toujours attiré mes clients en communiquant. En freelance, c’est ce qui m’a fait décoller. Chez Whodunit, c’est ce qui a fait connaître l’agence. Et aujourd’hui en solo, c’est pareil sauf que c’est devenu mon activité principale, pas un à-côté.
J’ai toujours aimé donner, montrer, partager.
C’est dans mon ADN.
Et le bonus que je n’avais pas mesuré : la communication ouvre aussi la porte aux partenariats, au sponsoring, à l’affiliation. Ce n’est pas juste un canal d’acquisition, c’est un écosystème entier qui se construit autour de ce que tu partages.
Bref, c’est dans la boîte avec moi. Et franchement, c’est cool.
Ce qui arrive
Le podcast vidéo.
J’ai envie de montrer, pas juste de raconter.
YouTube.
Pour aller plus loin sur les sujets IA, les démos Dust, les systèmes en action. Le contenu écrit c’est bien. Le contenu visuel, c’est mieux pour certains sujets.
Un deuxième Unblur Agency Day ?
Je me pose la question pour le second semestre. Le premier m’a tellement plu que j’ai envie de remettre ça.
Et surtout : Unblur.
Le projet qui n’est plus vraiment sous-marin.
Ma communauté pour les freelances et agences WordPress qui veulent arrêter de réinventer la roue.
Des systèmes business éprouvés, du contenu exclusif, des pairs qui partagent vraiment. Le lancement arrive.
Le mot de la fin
4 mois, c’est rien. Et en même temps, c’est déjà beaucoup.
J’ai facturé 12 450€, accompagné des dizaines de freelances et dirigeants d’agences, organisé un événement physique, deux newsletters, publié des dizaines de posts et d’articles.
J’ai aussi douté, tâtonné, changé d’avis trois fois sur certains sujets.
C’est pas un salaire de CEO. C’est pas censé l’être.
C’est le début d’un truc que je construis brique par brique, en partant de zéro, à mon rythme.
Ce que je retiens : le plus dur, ce n’est pas de se lancer.
C’est de rester patient quand tout pousse lentement.
Et ça pousse.

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